Déjà le garçon était sorti pour les requérir; ils parurent comme par enchantement, et avant même d'avoir eu le temps de se reconnaître, André se trouva sur le boulevard, entre deux sergents de ville, à côté de son adversaire qui ricanait en l'injuriant.
—Et tâchez de marcher droit, mauvaise graine, disaient les sergents.
Résister eût été folie; le jeune peintre se résigna.
Mais tout en marchant, il cherchait à se rendre compte de cette scène étrange. Elle avait été si rapide, qu'il en était tout ébloui. Il était clair que cette brutale agression cachait un but secret qu'il ne pouvait pénétrer.
Les sergents de ville venaient de s'arrêter devant l'allée assez étroite d'une vieille maison; ils ordonnèrent à leurs prisonniers de marcher devant eux.
Ils passèrent, et André reconnut qu'on les conduisait, non au poste, mais chez le commissaire de police.
Bientôt ils pénétrèrent dans un bureau où travaillaient le secrétaire du commissaire de police et deux employés.
—Voilà la besogne faite, dirent en riant les sergents de ville, au plaisir!...
Et ils se retirèrent.
André ouvrait des yeux immenses. Il trouvait à cette arrestation quelque chose d'extraordinaire, d'anormal.