Ce petit chef-d'œuvre de diplomatie terminé, il le remit à un des domestiques du club avec l'ordre de le porter immédiatement à son adresse.

M. de Breulh pensait que ce devoir d'honneur rempli, ses vaisseaux brûlés, il se sentirait l'esprit et le cœur plus libres. Point.

Il se mit au jeu, mais au bout d'un quart-d'heure il en avait assez. Il voulut dîner, il n'avait pas faim et ne put manger. Il entra à l'Opéra, il y bâilla, la musique lui portait sur les nerfs.

De guerre lasse, il rentra chez lui sur les deux heures, ce qui ne lui était pas arrivé depuis près d'un an.

L'obsession persistait.

Détacher sa pensée de Sabine lui était aussi impossible que d'empêcher son pouls de battre plus vite qu'à l'ordinaire.

Qui était cet homme qu'on lui préférait.

Il estimait trop le caractère de Mlle de Mussidan pour la soupçonner d'un choix indigne.

D'un autre côté il avait vu en sa vie tant de passions inexplicables!...

Quand les gens les plus expérimentés se laissent prendre à des pièges grossiers, comment une jeune fille se défendrait-elle contre les surprises de son cœur?