—Si pourtant elle s'était trompée! se disait M. de Breulh. S'il était possible de lui ouvrir les yeux!

Puis, pour s'excuser, sans doute, de garder cette espérance, il ajoutait:

—S'il est digne d'elle, au contraire, eh bien!... je l'aiderai à renverser les obstacles.

Il se complaisait à cette idée, savourant à l'avance l'âpre plaisir qu'il goûterait à assurer le bonheur de celle qu'il aimait et qui le repoussait.

Peut-être cependant, à son insu, se mêlait-il à cette belle générosité un désir vague d'affirmer sa supériorité et de l'étaler aux yeux de Sabine.

A quatre heures du matin, il était encore dans son fauteuil, au coin de son feu éteint.

Il était presque décidé à aller voir André. Quand on est riche, on a toujours en poche un prétexte pour visiter l'atelier d'un peintre.

Quant à ce qu'il ferait ou dirait, il ne s'en occupait pas, s'en remettant au hasard des événements et à son expérience. Il se coucha sur cette détermination.

Mais le lendemain, à son réveil, sa résolution chancelait. Pourquoi se mêlerait-il de cette affaire?... D'un autre côté, la curiosité le poignait.

Enfin, sur les deux heures, il donna ordre d'atteler, et quelques instants plus tard, il prenait au grand trot le chemin de la rue de La Tour-d'Auvergne.