Mme de Bois-d'Ardon raconte, non sans orgueil, que deux ou trois fois dans sa vie elle a été prise pour une... «demoiselle.» C'est la grande mode.

Cependant, elle poursuivait:

—Dans la lettre que me remit M. de Croisenois, la marquise d'Arlange me disait qu'il est fort de ses amis, et me priait de lui rendre, pour l'amour d'elle, un grand service qu'il avait à me demander.

—Eh!... que ne l'accompagnait-elle!

—Pas moyen, elle est clouée sur son lit par des rhumatismes. Raison de plus pour bien accueillir son protégé. Me voilà donc le faisant asseoir et m'efforçant de le mettre à l'aise pour me présenter sa requête. Pour de l'esprit, il en a. Il m'a conté une histoire d'une demoiselle des Variétés et de M. de Clinchan, qui est tout ce qu'on peut rêver de plus... pittoresque.

Je m'amusais divinement, quand voilà que tout à coup j'entends dans le vestibule comme une dispute. On parlait, on criait, on jurait, et j'allais sonner pour m'informer, quand la porte s'ouvre, et je vois paraître Van Klopen, rouge, l'œil allumé...

—Van Klopen?...

—Eh! oui, mon tailleur. Tout d'abord je me dis: «S'il pénètre ainsi, c'est qu'il vient d'imaginer quelque nouveau modèle plein de chic, et qu'il veut me le soumettre.» Point. Savez-vous ce qu'il voulait, le coquin?

M. de Breulh garda son sérieux, mais un sourire pétilla dans son œil.

—Je gagerais, fit-il, qu'il voulait de l'argent.