Or, les renseignements du docteur avaient cela de terrible, qu'à tout instant il pouvait se proposer pour modèle, et dire:

—Regardez-moi!

Et, en effet, son exemple était de ceux qui feraient douter de la conscience et de la justice.

En lui le vice triomphait, jouissait, s'engraissait, roulait voiture, éclaboussait en riant l'honnêteté pauvre.

Quant au châtiment qui toujours arrive, tôt ou tard, s'il le redoutait, il se gardait bien de l'avouer.

Il ne disait pas à Paul que ce médaillon enrichi de pierreries qui battait son ventre de financier, renfermait un poison subtil sur lequel il comptait en cas de catastrophe.

Non. Il répétait:

—Du courage, ami Paul, abandonnez-vous à Mascarot, comme moi, comme le marquis de Croisenois, comme Van Klopen, comme tant d'autres. Mascarot peut tout ce qu'il veut, il est dévoué et sûr. Quand entre la fortune et un de ses amis se trouve un bourbier, il n'hésite pas, il prend, nouveau saint Christophe, son ami sur ses robustes épaules, et le passe.

Sur ce dernier point, le docteur prêchait un croyant.

Loin de douter de la force de B. Mascarot, Paul se la serait plutôt exagérée. Après cette dernière scène, il n'apercevait pour ainsi dire pas de limites à une puissance établie sur la terreur.