Il connaissait assez la valeur de la terre, pour savoir que son père était plus riche que tous ces gens dont il enviait le sort.
Il fallait donc que tout ce qu'il entendait depuis qu'il ouvrait l'oreille et pénétrait les allusions fut vrai.
Entre eux, les ouvriers de Champdoce disaient que le duc était un vieil avare, et plutôt que de jouir de son or ou de le distribuer aux pauvres, qu'il l'enterrait dans les souterrains du château. On assurait que toutes les nuits il se levait pour aller voir et adorer ses trésors.
—Norbert est bien malheureux, ajoutaient-ils, d'avoir un père comme celui-là. Lui qui devrait avoir toutes les aises et tous les plaisirs de la vie, il est traité plus durement que nos enfants à nous qui n'avons rien.
Et d'autres, d'un ton de menace murmuraient:
—Ah! si j'étais à sa place!...
Les ouvriers n'étaient pas seuls à le plaindre.
Il se rappelait parfaitement qu'une fois, pendant que son père parlait avec le marquis de Sauvebourg, une vieille dame qui l'accompagnait, la marquise, sans doute, avait arrêté sur lui des regards empreints de la plus tendre compassion.
Même emportée sans doute par la violence de ses sentiments, elle avait ajouté:
—Pauvre enfant! il a perdu sa mère bien jeune!