—Impossible! interrompit le domestiqua d'un ton farouche. M. Norbert est près de son père; il ne le quitte pas d'une minute, et il a défendu qu'on l'appelât pour quelque affaire que ce fût..., même, il faut que je le rejoigne, nous attendons deux grands médecins de Poitiers...
—Je me retire, alors... J'enverrai prendre des nouvelles ce soir.
M. de Puymandour se retira en effet, mais lentement, affaissé sous le poids de ses sombres méditations.
Le ton de ce domestique, son attitude, son regard avaient été si singuliers, qu'il en demeurait préoccupé.
Lui avait-il bien dit toute la vérité? Cette subite attaque n'avait-elle pas quelque raison qu'on s'efforçait de cacher? Pourquoi Norbert refusait-il ainsi de recevoir tous qui venaient le visiter? Il lui semblait flairer quelque mystère.
Ce qui le frappait surtout, c'est que M. Norbert se trouvait seul avec son père lors de l'accident.
L'esprit encore tout plein des résistances de sa fille, il en arrivait à conclure que le duc avait trouvé chez son fils des répugnances pareilles, qu'il avait voulu les vaincre de haute lutte, qu'une scène violente s'en était suivie, et que le terrible gentilhomme avait été foudroyé dans un transport de colère.
Ainsi, l'intérêt et la passion aiguisant la pénétration de M. de Puymandour, il arrivait presque à la vérité.
—Si cela est, pensait-il, que M. de Champdoce meure ou qu'il reste idiot Norbert rompra nos projets d'alliance.
Cette possibilité l'épouvantait si fort, qu'il croyait déjà s'entendre signifier la rupture. Que ferait-il alors?