Il s'avança... C'était Norbert qui était étendu là.
Le malheureux!... L'instinct, cette mémoire tenace de la chair, qui dans les tourmentes de l'âme se substitue à la volonté, l'avait conduit, après une course insensée, à cette place où il avait aperçu Diane pour la première fois, à ce sentier où il avait été remué par les plus puissantes émotions, où il avait goûté les plus grandes, les seules félicités de sa vie.
Le digne serviteur se baissa vers son jeune maître, et, reconnaissant qu'il était comme privé de sentiment, il lui secoua rudement le bras.
A cette étreinte, Norbert se releva d'un bond en poussant un cri.
Il lui avait semblé ressentir comme une brûlure atroce là ou il avait été touché, et que cette main qui s'abattait sur lui était celle de la justice, humaine ou divine, prenant possession de sa personne.
Jean devina, plutôt qu'il ne vit, ce mouvement d'un indicible effroi.
—C'est moi!... monsieur, prononça-t-il.
—Ah! oui, en effet... Que veux-tu?
—Je vous cherchais, monsieur; pour vous conjurer de rentrer à Champdoce.
Norbert recula d'un pas.