Tout autour de l’habitation, il y a un grand parc bien boisé. M. Blandureau voulait jeter bas les arbres, et les remplacer par des vernis du Japon; mademoiselle Aurélie l’en a empêché. Son activité alors s’est rabattue sur le jardin, dont il a voulu faire un petit bois de Boulogne en miniature: il y a des rochers, une grotte et deux ponts, un étang et une rivière; il y a aussi une cascade. Un vieux cheval tire à la journée la rivière d’un puits: la cascade tarit quand le cheval prend ses repas.
C’est à Ville-d’Avray que tomba Hector, le lendemain de son départ de la Fresnaie, à quatre heures du soir. M. Blandureau, qui se rappelait l’avoir vu quand il n’avait que dix ans, le reconnut lorsqu’il se fut nommé.
Il le pressa sur son cœur, en l’appelant son fils, et poussa de grands cris pour attirer toute la maison, même il cassa une sonnette.
Madame Blandureau accourut au bruit et son mari lui présenta leur gendre.
—Mais où est donc Aurélie? demanda-t-il; au jardin sans doute?
On chercha mademoiselle Aurélie; on ne la trouva pas.
L’arrivée de son mari futur lui ayant été signalée, elle avait couru précipitamment à sa chambre.
Comme elle ne fit qu’un brin de toilette, au bout de moins de deux heures elle reparut. Elle s’avança majestueusement, annoncée de loin par les froufrous de sa robe de soie qui balayait les tapis à un demi-mètre derrière elle.
On eût dit la statue de la Dignité descendue de son socle.
—Arrive donc! lui cria M. Blandureau.