—Qu’avez-vous, mylord? demanda-t-il.

—Oh! fit le baronnet, je souffre, je souffre beaucoup!

Et, prenant congé, il se retira sans s’apercevoir que mademoiselle Aurélie partageait visiblement son émotion.

Sir James rentra chez lui dans un état impossible à décrire. L’homme froid n’existait plus. Il parlait haut dans sa chambre, il gesticulait.

—Je suis maudit décidément, disait-il, et tout à fait perdu désormais. J’ai violé ma parole de gentleman, j’ai oublié mademoiselle d’Ambleçay, j’ai trompé ma fiancée, et voici que maintenant j’enlève le cœur de la fiancée du seul ami que j’aie en France. Je serai un traître à ses yeux, un homme tout à fait vil et méprisable.

Il eut d’abord l’idée d’écrire à Hector; il voulait confesser sa faute involontaire; mais il réfléchit et déchira la lettre.

Puis, une inspiration soudaine illuminant son visage:

—Oui, dit-il, je n’ai que cela à faire; ma résolution est prise.

Et le lendemain il retourna chez M. Blandureau, comme si rien ne s’était passé.

Son existence était affreuse. En présence de mademoiselle Aurélie, il était au septième ciel; se retrouvait-il seul, il tombait sans transition au plus profond de l’enfer.