Mais Hector ne pouvait ainsi se rendre à la légère aux désirs de mademoiselle Aurélie. Il voulut la voir auparavant, lui parler.

Et comme le temps pressait, il sauta dans une voiture et se fit conduire à Ville-d’Avray.

Il y avait quinze jours à peu près qu’Hector n’avait vu mademoiselle Blandureau; il la reconnut à peine, tant l’avait transfigurée l’amour vrai qu’elle éprouvait. C’était encore la statue, mais la statue animée par l’étincelle.

C’est avec une rougeur modeste qu’elle lui conta fort simplement son roman.

Si elle avait écrit à Hector, c’est qu’elle était sûre de l’amour de M. Wellesley.

Hector fut vraiment touché de l’expression d’angoisse qui se peignit sur les traits de la jeune fille, lorsqu’en terminant elle lui renouvela sa prière.

—Je vais vous obéir, mademoiselle, lui dit-il, avec l’espoir qu’à défaut de l’amour que je n’ai su mériter, cette déférence me vaudra votre amitié.

En toute autre circonstance, Hector aurait été singulièrement troublé d’avoir à affronter la colère de M. Blandureau; mais il était si joyeux que c’est à peine s’il y songea.

L’ancien négociant, pour tout dire, le reçut assez mal.

Ravi de cette rupture, il tenait à honneur d’en paraître indigné. Il fit des représentations à Hector, lui offrit de fermer la porte à M. Wellesley, lui proposa d’augmenter le chiffre de la dot, et lorsqu’il vit le jeune homme inébranlable, il l’accabla des paroles les plus dures et lui reprocha son manque de foi.