Marie-Anne connaissait assez le marquis de Sairmeuse pour bien comprendre tout ce que révélaient de passion ses propositions inouïes...

Mais pour cela, précisément, elle hésitait à lui dire qu'il avait inutilement dompté les révoltes de son orgueil.

Elle se demandait avec épouvante à quelles extrémités le porteraient les rages de son amour-propre offensé et si elle n'allait pas trouver en lui un ennemi qui ferait échouer toutes ses tentatives.

—Vous ne répondez pas?... interrogea Martial dont l'anxiété était visible.

Elle sentait bien qu'il fallait répondre, en effet, parler, dire quelque chose, mais elle ne pouvait desserrer les lèvres...

—Je ne suis qu'une pauvre fille, monsieur le marquis, murmura-t-elle enfin... Je vous préparerais, si j'acceptais, des regrets éternels!...

—Jamais!...

—D'ailleurs, vous avez perdu le droit de disposer de vous-même. Vous avez donné votre parole. Mlle Blanche de Courtomieu est votre fiancée...

—Ah!... dites un mot, un seul, et ces engagements que je déteste sont rompus.

Elle se tut. Il était clair que son parti était pris irrévocablement et qu'elle refusait.