—Vous me haïssez donc? fit tristement Martial.
S'il lui eût été permis de dire toute la vérité, Marie-Anne eût répondu: «Oui.» Le marquis de Sairmeuse lui inspirait une aversion presque insurmontable.
—Je ne m'appartiens pas plus que vous ne vous appartenez, monsieur, prononça-t-elle.
Un éclair de haine, aussitôt éteint, brilla dans l'œil de Martial.
—Toujours Maurice!... dit-il.
—Toujours.
Elle s'attendait à une explosion de colère, il resta calme.
—Allons, reprit-il avec un sourire contraint, il faut que je me rende à l'évidence!... Il faut que je reconnaisse et que j'avoue que vous m'avez fait jouer, à la Rèche, un personnage affreusement ridicule... Jusqu'ici je doutais.
La pauvre fille baissa la tête, rouge de honte jusqu'à la racine des cheveux, mais elle n'essaya pas de nier.
—Je n'étais pas maîtresse de ma volonté, balbutia-t-elle, mon père commandait et menaçait, j'obéissais...