—Cette nuit même, répondit Jean.
Maurice se redressa, tout frémissant d'un espoir suprême.
—Cette nuit même, fit-il... mais alors... elle est ici, encore! Où?... là haut...
Et sans attendre une réponse, il s'élança vers l'escalier, si rapidement que ni Jean ni l'abbé Midon n'eurent le temps de le retenir.
En trois bonds il fut à la chambre, il marcha droit au lit et, d'une main ferme, il écarta le drap qui recouvrait le visage de la morte.
Mais il recula en jetant un cri terrible...
Était-ce là, vraiment, cette belle, cette radieuse Marie-Anne, qui l'avait aimé jusqu'à l'abandon de soi-même!... Il ne la reconnaissait pas.
Il ne pouvait reconnaître ces traits, dévastés et crispés par l'agonie, ce visage gonflé et bleui par le poison; ces yeux, qui disparaissaient presque sous une bouffissure sanguinolente...
Quand Jean Lacheneur et le prêtre arrivèrent près de lui, ils le trouvèrent debout, le buste rejeté en arrière, la pupille dilatée par la terreur, la bouche entr'ouverte, les bras roidis dans la direction du cadavre.
—Maurice, fit doucement l'abbé, revenez à vous, du courage...