—Et sans regrets...

—Pour où aller, mon Dieu!...

—À Paris... Nous nous y fixons, c'est décidé. Là est la place de mon mari. Son nom, sa fortune, son intelligence, la faveur du roi lui assurent une grande situation. Il va racheter l'hôtel de Sairmeuse et le meubler magnifiquement. Nous aurons un train princier...

Tous les tourments de l'envie se lisaient sur le visage de la parente pauvre.

—Et moi?... interrogea-t-elle d'un ton plaintif.

—Toi, tante, tu resteras ici; tu y seras dame et maîtresse. Ne faut-il pas une personne de confiance qui veille sur mon pauvre père!... Hein! te voilà heureuse et contente, j'espère.

Mais non; tante Médie ne paraissait point satisfaite.

—Jamais, pleurnicha-t-elle, jamais je n'aurai le courage de rester seule dans ce grand château.

—Eh! sotte, tu auras près de toi des domestiques, le concierge, les jardiniers...

—N'importe!... j'ai peur des fous... Quand le marquis se met à hurler le soir, il me semble que je deviens folle moi-même.