Au moment où ces abominables femmes perpétraient leurs actes de trahison, on se trouvait dans la tragique semaine de mars 1918. Le bombardement de Paris avait commencé le 27 à 6 h. 30 du matin et dura toute la journée. Une offensive ennemie puissante était déclenchée entre Soissons et Reims. Quand les Berthas cessaient les Gothas arrivaient.
Le 28 nous reculions au sud de l’Aisne, Soissons était pris et Reims menacé.
LES AVEUX
Les deux femmes firent des aveux complets. Cependant tout d’abord elles ne voulurent pas dénoncer Guaspare. Mais quand elles apprirent qu’il était arrêté, elles déclarèrent que c’était lui qui leur avait donné les indications nécessaires.
On trouva sur elles des sauf-conduits en blanc. On découvrit aussi un tout petit fragment de papier, mince comme une feuille à cigarette, couvert de notes sur les ports de débarquement des Américains. Le tout était dissimulé dans un sachet de toile grise attaché à leur robe.
Quand la surveillante préposée aux fouilles fit cette découverte, la femme Schadeck lui dit naïvement:
—Brûlez ce papier. Cela n’a aucune importance!
La surveillante répondit:
—J’t’écoute!
Les deux espionnes n’essayèrent pas de nier. Elles déclarèrent avoir envoyé en Suisse les renseignements demandés sur les mouvements des Américains, les allées et venues des permissionnaires, avec le numéro de leur régiment, de leur division, leur emplacement, leur secteur et les endroits où on les envoyait au repos.