A leur retour, ces femmes devaient toucher 600 francs d’abord et 1.000 francs ensuite, soit 1.600 francs. A cette époque, la vie n’était pas encore chère! Il est vrai que Anna Garnier se proposait de consacrer cette somme uniquement à l’achat d’un bateau pour canoter sur le lac de Genève!

POUR AVOIR VOULU REVOIR SA MAITRESSE

Voici maintenant le grand chef de la bande; il n’est pas encore pris, mais il ne va pas tarder à l’être.

Guaspare était un garçon boucher de la Villette. Il appartenait à la classe 1905, et les renseignements donnés au début par la Préfecture de Police étaient bons. Né le 20 avril 1885, à Reims, il passait pour un bon sujet.

Affecté au 5ᵉ régiment d’artillerie coloniale, il déserta le 7 novembre 1916, en demandant une permission à double destination. Réfugié à Genève, il entreprit le commerce des bestiaux, du beurre, des bouteilles, des pommes de terre, etc...

C’est Cayer qui lui proposa d’entrer au service des Boches.

Intelligent, hardi, sans scrupules, il avoua avoir fait quatre voyages en France sous l’uniforme français. Il ne manifesta aucun regret et parla de ses entreprises de trahison comme de voyages d’agrément.

En octobre 1917 il était parti en uniforme avec Ripert, dit le Marseillais, sous le faux nom de Castille.

Dans le Midi, tous deux avaient créé une vaste organisation d’espionnage, comprenant plus de dix agents, qui fonctionna très activement grâce à la mollesse et à l’indifférence de notre service dans cette région, mollesse et indifférence que nous aurons souvent l’occasion de signaler.

En novembre, il entreprend une nouvelle expédition, cette fois avec Cayer. Celui-ci est habillé en chasseur alpin et prend le nom de Bouillon. Ils vont à Lyon, à Paris et rapportent aux Boches une ample moisson de renseignements.