Nous voici en décembre 1917. Guaspare est encore à Paris habillé en artilleur. Il y reste six semaines vivant avec Yvonne Schadeck, rue du Pont-de-Flandre.

Au moment de la grande offensive, en mars 1918, au moment où Reims est menacé, Guaspare déploie une grande activité et rapporte en Suisse des informations précieuses sur l’emplacement de nos divisions.

A ce moment, A. F. 337 touche des sommes importantes. On attend son arrivée à Paris pour l’arrêter.

Yvonne, on le sait, était déjà sous les verrous.

Guaspare est en Suisse et s’inquiète de ne pas voir revenir sa maîtresse Yvonne Schadeck. Il se décide à venir prendre de ses nouvelles. Il commence par faire la noce, car les espions raffolent des parties fines, et au moment où il entre dans un cabaret avec Desjardins, ils sont arrêtés tous deux le 23 juin 1918.

On trouva sur le chef de la bande 3.450 fr. en billets allemands, suisses, italiens et français. A Genève, il avait un coffre-fort au nom d’Yvonne Schadeck.

Desjardins ignorait le métier que faisait sa femme Yvonne, qui prétendait, venir à Paris pour voir sa mère. Mais il savait parfaitement que Guaspare et Cayer étaient des agents au service de l’Allemagne.

Les deux femmes, une fois arrêtées, eurent une attitude différente. La Schadeck déclara qu’elle avait fait de l’espionnage «pour amasser une petite réserve en vue de l’hiver». La Garnier se repentit et dit:

—J’ai fait de vilaines choses sans m’en rendre compte. Si vous croyez que je mérite la mort, je mourrai avec courage.

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