Le 22 août 1919, le 2ᵉ Conseil de Guerre prononçait les peines suivantes:

Louis-Emile Guaspare, à mort. Cayer, dit Barioz, par contumace, à mort. Elie Murat, aux travaux forcés à perpétuité; Anne Murat, sœur du précédent, 1 an de prison; Anne Garnier, femme Desjardin, à la déportation dans une enceinte fortifiée; Yvonne Schadek, à la même peine.

Cette affaire est une des plus embrouillées que la justice militaire du G. M. P. ait eu à élucider.

LA FIN DE L’ODYSSÉE

Murat, qui avait toujours fait preuve d’une grande lucidité d’esprit et d’une mémoire parfaite, bien que fils d’alcoolique, simula tout à coup la folie vers la fin de l’instruction et parvint à obtenir des experts un certificat d’aliénation mentale, ce qui le sauva du bagne. Sa folie consistait à crier constamment: «Pas de fusils, la guillotine. Je ne veux pas être fusillé, je veux être guillotiné et tout de suite!»

Il était si fou que, au bout de huit jours, il s’évada!... On ne l’a pas retrouvé.

Sa sœur, Marie Murat, dite Marthe, infirmière, ne fut condamnée qu’à un an de prison pour recel d’espion.

Le sieur Guaspare vit que le système de la simulation avait du bon et il se mit à imiter Murat, tant et si bien que, une demi-heure avant de le conduire à Vincennes, on commua sa peine en celle des travaux forcés à perpétuité. C’est tout à fait à la dernière minute qu’il obtint sa grâce. Sur les registres de la justice militaire, Guaspare passe pour avoir été fusillé le 2 février 1920 en même temps que Funk Rullolf, condamné pour une autre affaire. Il est bien en vie et est aujourd’hui au bagne.

Guaspare avait demandé à contracter mariage avec la femme Schadeck. A ce moment il croyait qu’il allait être fusillé. Mais cette femme était déjà partie pour la Guyane, et la cérémonie ne put être célébrée. Le condamné n’avait d’ailleurs demandé cette faveur que pour rompre la monotonie de sa détention et se procurer une légère distraction.

Corbeau, dit Saab, fut relativement moins