La preuve que Mata-Hari avait renseigné l’ennemi sur les préparatifs de l’offensive, la preuve de la trahison était établie par sa correspondance.

Les juges l’ont déclaré dans leur jugement.

—Certainement, une femme de théâtre comme moi ne pouvait manquer d’attirer l’attention. C’est tout naturel, j’ai été suivie...

—A Paris vous vous voyez de plus en plus épiée. On vous serre de près. Vous allez être arrêtée. C’est alors que, affolée, vous allez trouver le chef des renseignements et que vous lui proposez de vous mettre à son service. C’est le moyen auquel ont recours tous les espions qui vont être pris.

—J’avais de belles relations et je n’avais plus beaucoup d’argent. Rien d’extraordinaire à ce que je me sois offerte pour être utile à la France.

—Oui, parce que les Allemands ne pouvaient plus vous envoyer de fonds... à ce moment-là. Mais ils n’ont pas tardé à vous faire parvenir dix mille marks par la légation de...

—C’était de l’argent de mon ami.

—De votre ami, le chef de l’espionnage. Enfin vous voici espionne au compte de la France. Que faites-vous?

—Je donne des renseignements au chef du 2º bureau sur les points de la côte du Maroc où les sous-marins allemands vont débarquer des armes, renseignements très utiles et très importants...

—Ah! Et d’où teniez-vous ces renseignements? S’ils étaient exacts, c’est que vous étiez en relations directes avec l’ennemi. S’ils étaient faux, c’est que vous nous trompiez.