Le témoin se retire avec un soupir de soulagement Ouf! on n’a pas trop insisté.

Mata s’est-elle servi, pour correspondre avec le chef de l’espionnage, de papier à lettre portant l’en-tête «Ministère des Affaires étrangères—Cabinet du Ministre»? On ne saurait l’affirmer. Mais certains débris de papier trouvés permettent d’admettre cette hypothèse.

La comparution de ce personnage—considérable répétons-le—ne produisit aucune impression favorable; il ne provoqua qu’un sentiment de gêne pour tout le monde.

UN MINISTRE

Mais voici un incident plus caractéristique.

On avait trouvé chez Mata beaucoup de lettres d’officiers, d’aviateurs, et de notabilités parisiennes. L’une de ces lettres émanait d’un ministre de la Guerre... Nous n’en dirons pas plus pour ne pas le désigner et, en cela, faire comme Mata-Hari.

La lettre qui figurait au dossier parlait des événements du jour et de choses très intimes.

Le président, debout, en avait commencé la lecture...

Mata se leva tout à coup et dit:

—Ne lisez pas cette lettre, monsieur le colonel.