—Ah! Voici un paquet de lettres à remettre. Mais j’en ai encore deux ou trois à faire...
—Vous les écrirez en bas, au greffe, lui dit le directeur.
Mata jeta un coup d’œil sur la glace, rajusta son chapeau, arrangea ses cheveux, puis, tapant du pied, du ton d’une femme en colère, mais qui se dompte:
—Je suis prête, messieurs!
Les magistrats sortirent. La condamnée suivit, entre l’avocat et le pasteur. En franchissant la porte un gardien voulut lui prendre le bras:
—Ne me touchez pas! Ne me touchez pas! dit-elle avec véhémence. Je veux que personne ne me touche. Sœur Marie, donnez-moi la main.
Le cortège se mit en marche. Mata avançait d’un pas rapide, entraînant la petite Sœur de charité. On arriva au greffe.
—Voici de quoi écrire, lui dit le gardien-chef.
Mata s’assit, enleva un gant, et pendant sept à huit minutes fit des lettres et des enveloppes.
—Maître, dit-elle à son avocat, prenez ces lettres, mettez-les sous enveloppe... Mais ne vous trompez pas d’adresse!... Vous seriez la cause de troubles dans les familles...