Mata-Hari sourit. Dernier sourire à son dernier public! De la main elle envoie des baisers à l’avocat et au pasteur.

Les deux sœurs sont à genoux, les mains jointes.

—Feu!

Une détonation, une seule pour douze coups de fusil. Mata-Hari est à terre au pied du poteau. Son corps n’a pas un tressaillement, pas un mouvement réflexe. Un maréchal des logis donne le coup de grâce dans l’oreille et la tête rebondit légèrement comme une balle élastique. Un commandement retentit:

—Pour défiler... En avant... Marche!

Les trompettes sonnent et les troupes passent devant un amas de jupons.

Le docteur Socquet s’approche; il dégrafe le corsage et palpe la poitrine.

—La mort a été déterminée par une balle dans le cœur, dit-il en lavant ses mains rouges de sang.

Les deux sœurs de charité, toujours en prières, se relèvent. Petite sœur Marie s’approche et détache une bague du doigt de la morte. Cadeau suprême sans doute pour le dernier amant!

—Personne ne réclame le corps? demande le greffier.