Si on veut connaître la vérité, on n’a qu’à s’en tenir au compte rendu analytique des débats qu’on a trouvé dans ce livre.

Maintenant, le correspondant dont j’ai reproduit la note, dit encore:

«Mon enquête se poursuit: 1º du côté de M. Malvy; 2º du côté du docteur P..., agent de l’Allemagne en Suisse pendant la guerre.»

Je ne vois pas ce que M. Malvy viendrait dire sur les derniers moments de Mata-Hari.

A moins qu’on ne veuille absolument rappeler que l’amie de M. Malvy, Néry Beryl, était la grande amie de Mata-Hari et que les deux femmes se voyaient souvent.

Quant au Dʳ P..., agent de l’Allemagne, il pourra publier ce qu’il voudra; cela n’aura aucune importance: 1º parce que cet Allemand, qui était en Suisse, n’a pu savoir exactement ce qui s’est passé; 2º parce que son témoignage ne saurait prévaloir contre l’affirmation de dix officiers français présents à l’instruction, au jugement et à l’exécution.

Miss Cavell, que les Allemands représentent comme criminelle, s’est bornée à secourir quelques soldats et quelques blessés. Elle n’a jamais envoyé de renseignements et ce n’était pas une espionne. La comparaison de cette honnête femme avec Mata-Hari, la Messaline cosmopolite, est une injure pour celle qui ne fut victime que de sa générosité et de son patriotisme.

Mata est morte en cabotine, après un jugement contradictoire, exécutée régulièrement par douze soldats; miss Cavell est tombée en chrétienne, assassinée par un lieutenant prussien, devant un peloton de six hommes qui refusèrent de tirer.

La reine de Hollande ne voulut pas demander la grâce de Mata.

Au contraire la légation américaine, le pape Benoît XV et le roi Alphonse XIII implorèrent la grâce de miss Cavell, qui allait mourir pour son pays.