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Enfin j’ai reçu la lettre suivante d’un des juges qui ont condamné Mata-Hari.

Mon cher camarade,

Permettez-moi de vous féliciter de tenir tête à la personne qui semble vouloir réhabiliter H. 21, numéro donné à Mata-Hari par les Boches.

Sur quoi se base cette personne?...

Eh bien, moi, je me base sur les PREUVES que j’ai eues entre les mains, et sur les aveux de cette immonde espionne pour affirmer qu’elle a fait tuer peut-être 50.000 de nos enfants, sans compter ceux qui se trouvaient à bord des vaisseaux torpillés dans la Méditerranée sur les indications de H. 21, sans aucun doute.

De plus, il faut se rappeler que H. 21 était en Allemagne, en juillet 1914, la maîtresse d’un prince allemand, et qu’après sa juste condamnation à mort aucun recours en grâce ne fut présenté, tellement sa cause était mauvaise.

Veuillez croire, mon cher camarade, à nos meilleurs sentiments de bonne camaraderie, et accepter ma plus cordiale poignée de main.

C. Chatin,

Ancien commandant de la prévôté du camp retranché de Paris, juge au 3ᵉ Conseil de guerre.