La cause est entendue. Il n’y a que des Allemands qui puissent désormais défendre l’odieuse femme qui leur a rendu tant de services et qui fut certainement la plus grande espionne de la plus grande guerre.
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Ce n’est pas tout. Certains journaux américains ont tout dernièrement dépassé les bornes de l’invention permise.
L’un a voulu mêler l’ex-capitaine Dreyfus à l’affaire Mata-Hari et a imaginé que c’était l’ancien hôte de l’île du Diable qui avait contribué à l’arrestation de la danseuse!...
Un autre raconte que le dernier amant (?) de Mata-Hari serait un mondain jeune et opulent, qui serait devenu trappiste après l’exécution de l’espionne et vivrait actuellement en ascète à la Cartula de Miraflores (Espagne).
M. Camille Pitollet cite cet extrait du journal américain dans lequel l’identité de ce «mondain» est dévoilée:
«Moine aux pieds nus et amaigri dans les cloîtres de la Chartreuse de Miraflores, près Burgos (Espagne), le dernier amant de Mata-Hari, la belle danseuse fusillée comme espionne par les Français, s’efforce d’expier son amour fou pour la femme au corps de déesse, aux charmes de démon. L’homme que Mata-Hari eut si fermement en son pouvoir qu’il ne pouvait vivre sans son amour, n’est autre que Pierre Mortissac, le brillant membre de la jeune société parisienne qui fit tourner les têtes dans les salons, à Paris et à Londres.»
M. Camille Pitollet ajoute ce qui suit, pensant, dit-il, «contribuer à élucider l’un des plus angoissants problèmes d’une aventure tissée entièrement d’épouvante»:
«On savait généralement que Mata-Hari était