Margaretha, Gertruida, est née d’un père nommé Adam Zelle et de dame Antje van der Meulen, le 7 août 1876, à Leeuwarden, chef-lieu d’arrondissement de Hollande.

Voilà qui fait tomber le maquillage de la prétendue prêtresse hindoue.

Son histoire véridique est simple: elle se maria toute jeune au capitaine Mac Leod, qui l’emmena aux Indes, où elle resta quelques années et c’est seulement après son divorce qu’elle songea à se créer une spécialité de danseuse plus ou moins bouddhique.

Donc elle est allée aux Indes après son mariage et non pas avant.

Elle voyagea ensuite en Europe et fit les délices des music-halls de Rome, Paris et Berlin, de Berlin surtout où elle vécut au milieu des officiers.

En Allemagne ses amants les plus connus furent le kronprinz, le duc de Brunswick et le président du conseil hollandais, Van der Linden. En France elle eut des «amis» partout.

On a cité un ministre de la guerre, un directeur général des affaires étrangères, des généraux, des magistrats, des avocats et même des officiers de réserve attachés au 2ᵉ bureau.

Comme on le verra plus loin, cette Messaline internationale était doublée d’une espionne au service de l’Allemagne bien longtemps avant la guerre.

Ses talents d’artiste ne sont pas contestés. Prêtresse de Terspsichore, c’est possible; mais payée par Krupp, c’est certain.

Elle a commencé par habiter à Neuilly, rue Windsor, un hôtel où elle a donné des fêtes restées fameuses. A ce moment elle était secrètement entretenue par un Allemand qui lui donnait beaucoup d’argent.