Elle habita ensuite 12, boulevard des Capucines, 33, avenue Henri-Martin, 25, avenue Montaigne. On la voyait séjourner souvent au Grand Hôtel et à l’Hôtel Plazza-Athénée.
L’ARTISTE—QUELQUES LETTRES
Elle dansait, et comme l’a si bien remarqué Hepps, dans sa danse il y avait plus de choses encore que Vestris n’en mettait dans un menuet. C’était une vision de brahme du Gange, de divinité dans l’ombre d’un vieux temple, de fleur mystérieuse, de serpent—surtout de serpent—sous des lianes entrelacées.
Un de ses admirateurs l’a dépeinte ainsi:
Elle jaillissait d’entre les tombeaux, et c’était comme l’âme innombrable et silencieuse des nuits qui glissait parmi les sombres sarcophages. Son corps onduleux flottait avec une grâce infinie parmi le désordre des voiles et l’ivresse des parfums. Son regard épanchait la langueur fauve des Orientales authentiques.
Cette description répond bien à la mentalité de Mata-Hari.
Nous avons un grand nombre de ses lettres sous les yeux. Dans l’une d’elles adressée à un compositeur de musique elle trace comme suit le programme d’un de ses sketch:
«Voici ce que je voudrais exactement dire dans ma danse qui doit être comme un poème dont chaque mouvement est un mot et dont tous les mots sont soulignés par la musique.»
Suit une description un peu confuse qui se termine ainsi:
«J’aime l’idée du temple avec la déesse. C’est comme ça que j’ai commencé au musée Guimet où tous mes portraits sont encore exposés.