Le collaborateur de Vignon était Weil, un déserteur autrichien, anarchiste anarchisant, ayant pris part aux troubles révolutionnaires de Zurich en 1918, et arrêté à cette époque par la police de la libre Helvétie.
Chapeyron, condamné contumax par le Conseil de guerre de Grenoble pour intelligences avec l’ennemi.
Franciscoud, déserteur du 2ᵉ groupe d’aviation en mars 1916, avait fait sa soumission aussitôt et avait déserté de nouveau en avril. Il se donnait comme Espagnol à cause de son teint bistré, et faisait de nombreux voyages en France.
Guaspare, le plus dangereux des espions, dont nous reparlerons longuement.
Mourier, dit Campion, chanteur ambulant, qui s’était distingué auprès des Allemands par son exploration du littoral, de Nice à Toulon.
LA MAITRESSE DU CHEF DE BANDE
Voyons maintenant les principaux exploits des premiers de ces messieurs.
C’est Michel Cayer Barrio qui joue le principal rôle. Agé de 25 ans, il avait déserté en 1916. Il travailla d’abord à Genève à des travaux de terrassements, puis il trouva moins fatigant de s’installer au café Amodru. Il prit comme maîtresse la sommelière, une Française nommée Boeglé, et s’installa avec elle, en janvier 1917, quai du Cheval-Blanc, où il monta une boutique d’épicerie; sa maison devint bientôt un second repaire de contrebandiers, de déserteurs et d’espions.
Cette femme Boeglé venait souvent en France; elle se rendait aux Echelles pour faire des communications au beau-père de Cayer, nommé Escoffier, un insoumis suisse... Celui-là manquait à la collection!
Ici commence le drame. Soit que Cayer eût pris une autre maîtresse, soit que la femme Boeglé fût dégoûtée du métier d’espionne, elle se suicida: on la trouva pendue.