C’était en mars 1918. Mais avant de mourir cette femme avait dénoncé à la police suisse Cayer et Murat.
La police de Genève ouvrit une enquête, sans résultat, naturellement!
COMMENT ON NUMÉROTE LES ESPIONS
Passons maintenant à Guaspare.
C’était une figure redoutée dans son entourage. Guaspare avait fait en France quatre grandes expéditions, tantôt avec Cayer, habillé en chasseur alpin, tantôt avec le Marseillais Ripert, tantôt seul. Il était considéré par notre service comme un agent des plus actifs de l’ennemi.
Dans le service secret chaque agent est un numéro et son nom ne se prononce jamais. Le centre de Genève donnait pour lettres A. F., provenant de Andversen (Anvers) et Frankreick (France), suivies d’un numéro.
Ainsi, par exemple, Guaspare a reconnu être A. F. 337.
Le nom d’Anvers figure par son initiale parce que cette ville a été et est restée longtemps le poste central de l’espionnage allemand, nous l’avons dit à propos de Mlle Docktor.
LA DÉNONCIATION DE L’ESPION DOUBLE
Avant d’aller plus loin, une déclaration est nécessaire: je ne donne aucun renseignement sur la manière dont nous avons obtenu des révélations ou des dénonciations contre les Boches. Le contre-espionnage doit encore rester secret. Mais il n’y a aucun inconvénient à dire ce que les espions allemands ont fait chez nous, parce que les Allemands le savent aussi bien et même mieux que nous.