Mauvais père!... Il lui semble par moments que c’est le petit mort qui lui crie cela. Et cette idée lui bat le crâne comme le battant d’une cloche.

Il recommence à fuir.

Il a traversé la route et s’en va à travers la plaine buttant ici, glissant là.

Tout à coup il s’arrête. Là-bas, sur la neige, quelque chose de noir remue. C’est une forme vague qui rampe à droite, à gauche, ensuite s’arrête, se rapetisse, puis rampe encore en s’étirant.

Une nouvelle terreur l’étreint. Quelle est cette étrange chose qui s’avance en zigzag?....

Enfin cela se précise. Bécu reconnaît une horde silencieuse de chiens chargés de tabac de zone et que conduit un contrebandier.

Les chiens, l’homme, s’évanouissent dans la nuit, troupeau et pasteur fantômes.

Alors, lui, recommence à déambuler.

Mais trois cents pas plus loin, il s’arrête encore. Il se trouve devant le remblai d’une voie ferrée et un sifflement vient de déchirer le silence.

Bientôt, un gros disque flamboyant apparaît et grandit, augmente d’éclat, lançant sur les rails un jet lumineux. Puis, un grondement trépidant accourt. Et la monstrueuse locomotive, ébranlant le sol, passe en ronflant, avec un hiement de bielles, avec toute une résonance de sa carcasse de fer mêlée à l’ébrouement de vapeur qui sort de ses poumons d’acier.