—Tous les esclaves échappés en disent autant, fit-il observer; qu'on lui lie les mains et qu'on l'emmène.

Norva voulut s'expliquer; mais on lui imposa silence. Arvins ne réussit pas mieux à se faire entendre, et l'on entraîna sa mère malgré ses efforts.

—Mais qu'allez-vous faire? demanda l'enfant effrayé.

—Ne sais-tu pas ce qui attend les esclaves fugitifs? De peur qu'ils ne se perdent une seconde fois, on les marque d'un fer rouge au front.

Arvins poussa un cri.

—C'est impossible, dit-il; je verrai votre maîtresse; je me jetterai à ses pieds.

—Si tu la fatigues, elle t'infligera le même supplice, interrompit l'affranchi.

—À moi! s'écria l'enfant.

—Elle le peut en payant à Corvinus le tort qu'elle lui aura fait. Oublies-tu qu'un esclave n'est autre chose qu'un vase de prix? Si on le fêle ou si on le casse, on en dédommage le maître, et tout est dit.

—Laisse-moi, laisse-moi, s'écria la mère épouvantée.