—Non, mon père! s'écria-t-elle suffoquée de larmes, on vous rendra la liberté, vous verrez le jour.

—Quand cela?

—Sur-le-champ, mon père!

Elle s'était élancée vers la sonnette, dont elle tira vivement le cordon. La porte s'ouvrit, et madame de Solange parut.

—Que mon père soit libre, madame, s'écria la jeune fille en courant vers elle, je consens à épouser M. de Lanoy.

. . . . . . . . . . . .

Huit jours après, les cloches de Saint-Louis[71] sonnaient à pleines volées et une longue file de carrosses assiégait la porte de l'église. On y célébrait le mariage du comte avec mademoiselle de Solange.

Près de l'autel se tenait le marquis, en habits de fête, regardant la foule parée, respirant l'odeur de l'encens et écoutant le chant des orgues d'un air ravi.

L'union prononcée, au moment où le prêtre se retirait, Jeanne se leva chancelante et comme égarée; mais ses yeux, en se promenant autour d'elle, rencontrèrent le vieillard; elle s'élança vers lui par un mouvement pour ainsi dire désespéré, et, se jetant dans ses bras:

—Réjouissez-vous, mon père, s'écria-t-elle; désormais vous serez heureux.