[4] Voyez Antony (A. Dumas).
«Il y avait, en outre, tous les menus accidents: main prise dans une porte, et qu'il fallait couper[5]; œil crevé par un mari borgne, trop partisan de l'égalité[6]; marque au fer rouge faite sur le front[7]; duels périodiques revenant tous les ans au retour des pois verts[8]; pierres tombant à dessein du haut d'un échafaudage de maçon[9].
[5] Voyez La Grille du château (F. Soulié).
[6] Voyez Le Général Guillaume (E. Souvestre).
[7] Voyez Mathilde (E. Sue).
[8] Voyez Rêve d'amour (F. Soulié).
[9] Voyez l'Histoire des Treize (H. de Balzac).
«Du reste, ces accidents et mille autres atteignaient indistinctement toutes les classes et tous les âges. Il suffit de lire Les Mystères de Paris, cette admirable peinture de la société au dix-neuvième siècle, pour comprendre combien il était difficile de ne pas mourir noyé, poignardé, empoisonné, muré ou étranglé, dans ce centre de la civilisation française. Évidemment, les gens qu'on n'assassinait point formaient une classe particulière, une sorte de rareté sociale, qui servait sans doute au renouvellement de la chambre haute, composée, comme on le sait, de vieillards pares ætate, d'où leur était venu le nom de pairs.
«Cette multiplicité de morts violentes était principalement l'ouvrage des notaires, des femmes du grand monde, des millionnaires et des médecins. Les médecins se débarrassaient de leurs malades pour en hériter plus vite[10]; les millionnaires employaient leurs revenus à faire tuer les hommes par des spadassins, et à empoisonner les femmes dans des bouquets[11] de fleurs; les grandes dames venaient voir égorger leurs rivales à domicile[12], et les notaires étaient en compte courant avec les empoisonneurs, les assassins et les noyeurs de Paris ou de la banlieue.
[10] Voyez Les Réprouvés et les Élus (E. Souvestre).