La prédication achevée, la foule, composée d'une trentaine de personnes, se retira, et Maurice allait en faire autant, lorsqu'un ouvrier, qui avait écouté le sermon avec une impatience visible, s'approcha tout à coup du prédicateur qui venait de quitter la chaire, et, lui barrant le passage:

«Minute, monsieur l'abbé, dit-il en portant la main à sa tête nue, comme s'il eût voulu saluer avec ses cheveux, vous venez de converser sur les chenilles et les navets; mais c'est pas là mon affaire, je voudrais savoir si j'ai celui de parler au fondateur de l'Église nationale?

—A lui-même, mon ami, dit le ministre.

—Alors, reprit l'ouvrier, qui s'était évidemment rafraîchi assez de fois pour se trouver légèrement échauffé, vous êtes l'abbé Coulant, le véritable abbé Coulant?

—Précisément.»

L'ouvrier lui donna dans la poitrine un coup de poing d'amitié.

«Eh bien! vous êtes mon homme, s'écria-t-il, c'est vous que je cherche! Depuis ce matin je suis entré chez tous les marchands de vin du quartier pour savoir l'adresse de l'Église nationale: ni vu ni connu! Il paraît que votre religion est ici en chambre garnie?»

L'abbé Coulant voulut s'excuser.

«Y a pas de mal, reprit l'ouvrier; moi aussi, je le suis, en chambre garnie, et pas si bien logé que votre bon Dieu encore! Mais à la guerre comme à la guerre.

—Vous aviez quelque question à m'adresser? demanda le prêtre.