—J'en ai vingt, des questions, répliqua l'ouvrier, vu qu'on m'a dit que vous étiez un bon enfant; et moi, j'aime les bons enfants.

—Enfin.

—En douceur, donc! Pour en venir à la fin, il faut prendre au commencement. Pour lors, mon abbé, vous saurez que je m'appelle Narcisse Soiffard, un nom qui en vaut un autre, et que j'ai une fille de douze ans qui aide sa mère à carder les matelas. Y a pas de péché à ça, qu'il me semble.

—Au contraire, le travail est un devoir.

—C'est ce que je répète toujours à ma fille et à sa mère. Le travail, que je leur dis, est un devoir pour la femme… Mais, voyez-vous, la maman a des croyances; elle veut que sa fille fasse sa première communion; moi, je ne vais pas à l'encontre, parce que la croyance, c'est, sans comparaison, comme le vin: faut respecter ceux qui en ont trop pris et les laisser marcher de travers. Si bien donc que je suis allé trouver le curé de notre paroisse, et que je lui ai dit la chose.

—Et il vous a répondu?…

—Ah! voilà le curieux!… Il m'a répondu que pour communier il fallait savoir ce que l'on faisait.

—C'est-à-dire assister au catéchisme?

—Juste! assister au catéchisme, à l'heure où elle travaille avec sa mère! «Mais, mon curé, que je lui ai dit, vous voulez donc nous faire mourir de soif? Si la petite est obligée d'aller chez vous, l'ouvrage restera forcément en arrière.

—Il faut qu'elle apprenne sa religion, qu'il me répond.