Nous pressâmes le pas pour le rejoindre, mais il avait déjà tourné le sentier. Après avoir franchi rapidement la montée, nous courûmes à la maison de Guillemot. Celui-ci était tranquillement assis près du foyer éteint, en face de Françoise, dont le visage était marbré par les larmes, la poitrine haletante et les yeux baissés. Ferret se tenait entre eux, promenant de l’un à l’autre ses regards incertains et ardents.

—On ne pleure pas si fort pour une chèvre perdue, s’écriait Etienne au moment où nous parûmes sur le seuil, et ce n’est pas ici qu’on viendra la chercher.

—Le jeune gars sait alors où elle est! dit sèchement Guillemot.

—Je sais que la chèvre n’a pu venir du Chêne-Vert au Petit-Haule.

—Qu’importe, si c’est au Petit-Haule qu’on donne le moyen de la retrouver?

—Ainsi c’est pour avoir la parole qui guide que Françoise est venue? demanda Ferret en regardant fixement la jeune fille.

Celle-ci, dont notre arrivée avait encore augmenté la confusion, ne répondit point sur-le-champ; mais, faisant enfin un effort:

—Je voulais parler pour cela... et pour autre chose... balbutia-t-elle.

—Pour quelle chose? répéta Etienne, dont le regard semblait rivé sur la jeune fille.

Elle essaya de répondre, mais sa voix resta étouffée dans les larmes qu’elle retenait.