Dans ce moment, le postillon rentra. Il venait de conduire ses chevaux à l’écurie et se plaignit de n’y avoir trouvé personne.

—Rougeot n’y est-il pas? demanda Toinette étonnée.

—Ah! bien oui, répliqua Jean-Marie, le galapian est encore de ripaille! En voilà un chrétien qui ne mourra pas de mal labeur! les jours de grande fatigue, il a neuf doigts qui se reposent.

—Et pourtant sa besogne est faite, dit la jeune fille.

—Si c’est possible! reprit le postillon émerveillé; il a donc toujours à son service le farfadet?

—Ce n’est point pour Rougeot que vient le farfadet, dit Toinette avec une sorte de vivacité; demandez plutôt à la mère-grand.

Et s’approchant de la fileuse:

—Pas vrai, grand’mère, que dans la famille il y a toujours eu le lutin?

Guillaumet, répéta la vieille femme, sur les traits de laquelle passa comme un souffle de vie; oui, oui, c’est un vieux serviteur: il faut avoir soin de lui, Tona.

—Soyez tranquille, mère-grand, toutes les nuits je laisse la petite porte ouverte et la clé au garde-manger.