—Lorsque la baronne mourut, il y a seize ans, reprit-il avec émotion, elle écrivit elle-même ses dernières volontés.
—Je le sais, dit la jeune fille, dont les yeux devinrent humides; la prieure me les a fait relire bien des fois.
—Alors, vous n’avez point oublié la recommandation qui termine ce testament?
—Non, il y est dit: «Je laisse à ma fille la moitié d’un anneau que j’ai longtemps porté.»
—Puis la testatrice ajoute: «Et je la recommande au souvenir de celui qui possède l’autre moitié.»
—Quoi! vous savez?
—Ce dernier don de votre mère..... vous l’avez toujours?
—Le voici! mais l’autre moitié?
Marc tendit à Honorine un fragment de bague orné d’émeraudes; elle le rapprocha, en tremblant, de celui qu’elle conservait, et reconnut la moitié d’anneau léguée par sa mère à un protecteur inconnu!
Il y eut un moment d’indicible saisissement: la jeune fille, éperdue, regardait Marc qui, les deux bras pressés sur sa poitrine, semblait faire un effort pour comprimer quelque élan secret.