—Ah! parle, balbutia-t-elle les mains jointes et tendues, qui êtes-vous? comment avez-vous connu ma mère?...
—Ne me demandez rien, interrompit le paysan, rappelez-vous seulement la dernière recommandation de la baronne, et ne vous étonnez point trop si elle a cru un homme comme moi capable de vous servir. Le dévouement du chien peut être utile au plus riche et au plus puissant.
—Et en quoi ai-je mérité ce dévouement? comment ma mère a-t-elle pu l’espérer...
—Je n’ai rien à répondre; mais souvenez-vous de votre promesse! vous avez dit que si j’apportais une preuve certaine de la confiance de la baronne, vous partageriez cette confiance.
—Ah! je la partage, s’écria la jeune fille, et, quoi que vous disiez, j’y croirai.
Le paysan fit un geste de joie.
—Alors tout est bien, dit-il, et Dieu, j’espère, nous aidera! Soyez prudente avec votre tante et avec votre cousin; défiez-vous des témoignages d’affection..... Je veillerai sur eux et sur vous!
—Ainsi je vous reverrai, dit vivement Honorine.
—Toutes les fois que vous aurez besoin de moi. Tâchez seulement de vous rappeler le signal d’Étienne, au couvent.
—Ah! je ne l’ai point oublié.