—Et tu n’as bas trouffé à faire un beu de gommerce?

—Du commerce, avec quoi?

—Avec ce gon a, tonc! Il y a touchours moyen de gommercer.

—Oui, interrompit le Parisien, pour toi qui troquerais les pierres du chemin contre des cosses de pois; mais le Rageur n’est pas un marchand de bric-à-brac, lui; il a travaillé dans le grand genre avec moi, quand nous faisions la guerre aux patauds[B], en Maine-et-Loire. La diligence nous a passé deux fois par les mains.

—Y affait-il peaucoup de pacages, Jacques? demanda naïvement le Juif.

—Il y avait deux cent mille balles (200 mille francs), répondit le Parisien, avec un laconisme triomphant.

—Deux cent mille palles à vous teux! s’écria le Juif émerveillé.

—Non, au commandant de canton tout seul, dit le Rageur; il a tout pris pour le service du roi et tout gardé pour son propre service, ce qui ne l’a pas empêché d’obtenir des croix, des places, des pensions, tandis que nous autres, on nous a dit de rentrer dans nos villages et de chercher du travail.

—Ce que tu as fait? dit le Parisien d’un ton ironique, car tu as voulu te ranger.

—Eh bien! après? répliqua le Rageur brusquement; si c’est mon idée?...