—Pourquoi? demanda-t-elle en comptant machinalement son argent.

—D’abord parce que les forces vous manqueraient.

—Je n’ai pas besoin de forces, j’irai en voiture. Voici de l’argent.

—Mais vous le devez! s’écria le bossu, qui crut avoir trouvé un moyen souverain de retenir la convalescente; vous ne pouvez partir sans payer les frais de votre maladie.

—Ah! vous avez raison! dit Françoise en pâlissant... Grand Dieu! je n’avais point songé... il faut que je paie.

—Et une fois tout soldé, il ne vous restera plus de quoi faire le voyage, ajouta Brousmiche.

Elle le regarda d’un air éperdu.

—Est-ce vrai? reprit-elle... Quoi! je ne pourrais pas aller retirer mon fils!... Oh! c’est impossible. J’irai, j’irai à pied... Mais non, j’arriverais trop tard... Je ne le retrouverais plus, peut-être!

Et, se ravisant tout à coup:

—Mais je suis folle! s’écria-t-elle... Tout ce qui est ici m’appartient... je puis tout vendre. Je vendrai tout; je veux quitter Paris pour ne plus y revenir. Il n’y a plus rien ici pour moi... que des souvenirs... dont j’aime mieux être loin. Mon pays à présent, c’est où est mon fils; j’irai le chercher; je l’emporterai dans mes bras; je l’aurai à moi, du moins, et je pourrai l’embrasser tant que le cœur m’en dira. Ah! pauvre chérubin, je crois le voir, le tenir là...