—Comment! reprit Vankrof, après un moment de silence, c’est vous, monsieur de Luxeuil...
—Cet homme ruiné, insolvable, qui a manqué le Vatteau faille d’arrhes, oui, Monsieur. Je suis désolé de n’avoir point su plutôt ce que ma réputation vous devait; mais je tiens à vous prouver que je puis encore au moins payer certaines dettes.
Vankrof parut déconcerté.
—Monsieur, j’ai vraiment regret, dit-il avec quelque hésitation, si j’avais su, si j’avais pu prévoir...
—Mon Dieu! il me semble que tout ceci est un malentendu, fit observer de Cillart en s’entremettant. Il suffit que M. Vankrof rétracte sa plaisanterie.
—Très-volontiers, reprit le Belge, qui, sans être poltron, n’avait nulle envie de donner suite à cette affaire.
—Et cette rétractation changera-t-elle quelque chose au tort que Monsieur a pu me faire? reprit vivement de Luxeuil; m’ôtera-t-elle l’humiliation d’avoir été joué? me rendra-t-elle enfin le tableau que j’avais acheté le premier?
—M. Vankrof consentirait peut-être à vous le céder, hasarda de Cillart en regardant le Belge.
Mais le visage de celui-ci se rembrunit.
—Ça, c’est impossible, s’écria-t-il; il est indispensable à ma collection... puis ce serait une perte...