—Entrez, on vous attend.

Elle franchit le seuil et aperçut le chouan qui s’était levé en attendant sa voix. Il avait la barbe longue, le visage pâle, les vêtements en lambeaux, et paraissait se soutenir avec peine.

—Grand Dieu! qu’avez-vous? s’écria la jeune femme qui s’arrêta saisie.

—Ne vous effrayez point... Ce n’est que de la fatigue, dit vivement de Gausson. Il marche depuis trois jours, après avoir réussi à s’échapper d’une maison de fous dans laquelle on l’avait enfermé.

—Lui! comment?

—Il vous racontera tout; mais permettez d’abord qu’il vous dise en peu de mots ce qui l’amène; car vous n’avez pas de temps à perdre. Je vais veiller à ce que l’on ne puisse vous interrompre.

Il montra un siége à Honorine et ressortit.

—M. de Gausson a raison, dit Marc, le temps est précieux. Je vous avertis de vous mettre sur vos gardes, car vous avez ici un ennemi.

—Moi! répondit Honorine étonnée.

—Un ennemi mortel qui espionne vos actions, surprend vos secrets, intercepte vos correspondances.