—C’est juste, reprit-il, ce n’est pas tout de se faire tuer pour les dames, il faut encore le faire de manière à ménager leurs nerfs!... Mais en tout cas, les précautions ont été exagérées; l’on pouvait aller moins loin.

Marc ne répondit pas.

—Je crains, de plus, que nous ne suivions pas la bonne route, reprit de Luxeuil un instant après; voyez, le sable cède sous nos pas.

—Ne craignez rien, Monsieur, nous arriverons au but, reprit Marc dont le regard semblait chercher à l’horizon.

De Luxeuil, fatigué de ce laconisme, jeta son cigare avec humeur et pressa le pas. Les premières clartés du soleil levant commençaient à percer le brouillard qui enveloppait la grève; la brise devenait plus vive, le murmure des flots plus distinct, les sables plus mouvants. De Luxeuil, qui marchait avec peine, et dont le regard se promenait à l’horizon pour découvrir son adversaire, s’arrêta tout à coup.

—Sur mon âme! dit-il, si nous étions sur la bonne route, on voit maintenant assez loin pour apercevoir M. de Gausson!

—Vous ne voyez donc rien? demanda Marc d’une voix étrange.

—Rien qu’une ligne blanche qui tremble là-bas dans le brouillard.

—Et vous ne devinez pas ce que ce peut être?

—En aucune façon; à moins qu’il n’y ait là quelque banc de rocher ou de sable éclairé par le soleil levant.