— Explique-toi un peu mieux.
— Il y a un langage pour lequel tu es sourd.
— Tout de même…
— Tu as laissé ton cœur en France.
Je riais. Un peu trop vivement, un peu trop fort. Mercédès, étendue sur son divan, très européen, — pas du tout mauresque ni oriental, car, ici, c’est trop commun, — protestait et cette femme indolente de se fâcher :
— Ne ris pas, « Frankaouï », je sais ce que je dis. Ne ris plus.
Comme je cessais de rire, Mercédès, avec un geste excessif, pareil à un boxeur qui s’entraîne, frappait ses coussins :
— Nous avons tous notre peine. Et la tienne n’est pas la mienne. Tu le sais. Alors, ne ris pas. Cependant, si tu voulais ! si tu voulais !…
— Si je voulais ? Quoi ?
— Tu sais bien ! Nous serions heureux et je serais à toi entièrement.