— Si. Une bonne santé. Un bon appétit. Tâchez de manger, de manger beaucoup. C’est difficile.

— Pourquoi ?

— Parce que l’on n’a pas tous les jours à manger. Si vous aviez de quoi vous nourrir, ça irait bien. Car, dans ces solitudes dangereuses, tout est simplifié Que demande-t-on ? Premièrement : ne pas être tué. Deuxièmement : boire et manger. Puis… Mais le péril renaissant ne permet pas de penser à la suite…

« Rassurez-vous un peu, ajoute Maurice Thuaire, la majorité des décès est due aux maladies, aux fièvres, aux dysenteries, aux typhoïdes… Quelques piqûres venimeuses de reptiles mal connus. Parfois des balles, assure-t-on… Si donc vous vous tenez en appétit, avec une hygiène sévère, vous gagnerez la bataille.

— Quelle bataille ?

— Celle que vous aurez à livrer : désir de boire glacé, de l’eau, des alcools, des vins et des boissons de cinquième zone, envie de dormir au frais, sans compter ces visites trop fréquentes aux filles.

— C’est là, le régime…

— … qui vous permettra d’abattre le rebelle…

— Quel rebelle ?

— Le plus redoutable ; celui qui est en vous.