Médan, 19 juin 1879.

Mon cher Céard,

Pourriez-vous me rendre un service? Ce serait de vous procurer, soit chez un papetier, soit chez Nadar lui-même, la grande photographie représentant Dailly en «Mes Bottes», avec son pain, et d'adresser cette photographie à mon peintre verrier, M. Babonneau, 13, rue des Abbesses, Montmartre. C'est pour reproduire «Mes Bottes» dans un vitrail. Vous auriez en outre l'obligeance de m'avertir, quand vous aurez trouvé et envoyé la photographie.

Rien de nouveau, n'est-ce pas? Je vous félicite beaucoup de votre article sur Tragaldabas. Voilà de la bien bonne copie pour notre journal futur. Le Voltaire me paraît de plus en plus gris. C'est une feuille morte, et ils vont manger leur argent plus vite encore que je ne le croyais. Quant à nous, nous n'avons qu'à tâcher d'y garder un pied, si petite qu'on nous y fasse une place. C'est du temps à gagner. Et ne nous passionnons pas.

Bien cordialement.


A Laffitte.

Médan, 23 juin 1879.

Cher Monsieur,

Personnellement, je ne répondrai certainement pas à M. Catulle Mendès. Je veux choisir mes adversaires et mon terrain. Quant à mes jeunes amis, ils feront ce qu'ils voudront; mais je leur conseillerais volontiers de toujours frapper à la tête, dans leurs luttes littéraires, et de ne pas s'amuser à se défendre contre des attaques qui doivent tomber d'elles-mêmes.