Le mieux est de publier tout ce qu'on vous apportera. Vous ne sauriez me blesser. Je vous autorise volontiers à insérer toutes les attaques contre nous. Nous verrons ensuite si nous jugeons nécessaire de répondre.
D'ailleurs, vous vous trompez en disant qu'on ne m'a pas répondu. J'ai ici plus de cinquante articles, dans lesquels on cherche à réfuter ceux que j'ai donnés au Voltaire depuis six mois. C'est moi qui n'ai pas répondu par principe. La victoire est à celui qui frappe toujours droit devant lui, sans s'inquiéter des coups qu'on porte à sa droite et à sa gauche.
Ne comptez pas sur Nana avant octobre. Mais d'ici-là je vous donnerai des études. Je vais y songer.
Votre bien dévoué.
A Mademoiselle Marie Van Casteel de Mollenstem[31].
Médan, 24 juin 1879.
Mademoiselle,
Il faut écouter votre père. Il doit avoir, pour vous défendre la lecture de mes livres, des raisons que je ne veux pas examiner. Tout chef de famille a le devoir strict de diriger comme il l'entend l'éducation et l'instruction de ses enfants. Laissez-moi ajouter que mes livres sont bien amers pour une jeune personne de votre âge. Quand vous serez mariée, quand vous devrez vivre par vous-même, lisez-moi. Et je désire que mes livres, si cruels qu'ils vous paraissent, vous donnent tout au moins l'amour de la vérité et un peu de la science de la vie.
Votre dévoué.