J'ai lu votre longue lettre avec bien de l'intérêt, et je veux que vous sachiez combien vous m'avez fait plaisir en me discutant.

Naturellement, vous ne m'avez pas convaincu. J'estime que l'influence d'Hugo a été désastreuse sur ma génération, et comme rhétoricien, et comme déiste. Aujourd'hui, le seul terrain solide est celui de l'observation et de l'expérience. J'attendrai donc que des faits prouvés donnent raison aux rêveries lyriques d'Hugo. Seulement, je crains d'attendre très longtemps.

Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de mes sentiments de bonne confraternité.


A Jules Claretie.

Paris, 28 mars 1881.

Mon cher confrère,

Je vous remercie bien vivement de l'aimable envoi de vos Amours d'un interne, dont j'ai commencé la lecture avec un vif intérêt. Vous savez que les questions physiologiques me passionnent, et je trouve dans votre livre des documents très intéressants.

Merci aussi pour votre article du Temps, dont nous avons déjà causé. J'ai été très heureux de la poignée de main que nous avons échangée à Rouen, dans une bien triste circonstance[36]. Mais croyez qu'il n'est jamais entré une hostilité personnelle dans mes sévérités de critique, sans doute passionnées. Je me bats pour des idées, et non contre des confrères.

Cordialement.